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Culture & Development

August 19, 2003
by Laurent Murawiec

Pour étudier les rapports réciproques de la culture et du développement, nous devons d’abord établir que les deux expressions recouvrent et décrivent des réalités plutôt que des fictions. La culture est-elle un concept flou, non-quantifiable, aux effets non-attribuables? Est-elle sacrée en tant qu’identité mais inefficace en tant que cause? Le “développement” lui-même est-il un concept donné a priori ou le produit d’une époque? Son appartenance  à une époque donnée en obère-t-elle le sens? Dans l’un et l’autre cas, nous avons besoin de redéfinir des concepts au sens dévalué par un usage trop frénétique. Cela fait, nous pouvons discerner l’impact de l’une sur l’autre et les boucles de rétroactions qui renforcent ou minent cet impact.

1. “Culture”?

La pensée allemande à partir du Romantisme, Adam Müller et Friedrich Gentz au XIXème siècle, Spengler et Sombart au XXème, distinguait entre une Kultur positivement connotée et Civilization, son négatif. Kultur était l’organique, l’authentique, l’émanation du Volksgeist, de la Volksgemeinschaft: c’était l’Allemagne. Civilization, c’était l’artificiel et la fanfreluche salonnarde: c’était la France, mais aussi l’Angleterre, inividualiste, capitaliste, inauthentique. Les présupposés psychanalytiques étaient regrettablement évidents: je suis organique, il est artificiel: théorisation et apothéose de la race comme facteur moteur de l’histoire. La culture était l’émanation de la race, et les deux essentiellement équivalentes[1].

A l’opposé de cette notion se posait la vulgate marxiste dans ses nombreux costumes: ce sont les rapports de production  l’Etre - qui déterminent les idéologies - la Conscience. Culture? Reflet. Certains intellectuels marxistes, embarrassés par la mécanique plutôt métallique de cet engendrement putatif (comment l’Etre se débrouille--il pour déterminer la conscience?) ajoutèrent toutes sortes d’épicycles à l’orbite postulée de la conscience autout de l’Etre-soleil, sans éclairer pour autant les causalités. On en resta au couple infernal de l’infrastructure et de la superstructure, où des métaphores sont traitées comme si elles avaient valeur d’explications (reflet, miroir, etc.).

Si la culture n’est ni trop-plein racial ou génétique ni vide reflétant un plein qui se trouve ailleurs, est-elle pour autant une notion inopérative, c’est-à-dire un ensemble vide, un construct incapable de rendre compte des phénomènes réels?

Le positivisime en vogue de nos jours dans les universités américaines, les sciences politiques en particulier, se plaint que la culture soit une notion floue, molle et surtout, blasphème révoltant, inquantifiable. Ce qui n’est pas numbers n’est pas. A-t-on jamais sondé une culture en interrogeant l’opinion publique? L’objet de ce réductionnisme est l’homme-machine schématisable en S/R [stimulus-réaction]. Ce qui n’est pas mesurable n’est pas. Cela permet aux économistes de traiter d’un homo œconomicus abstrait, divorcé de ses motivations, ou englobé dans des phénomènes statistiques de masse: l’homme n’est là que comme une fonction de l’investissement, de l’épargne, de la consommation. J’excepte bien entendu de ce reproche les travaux pionniers de Gary Becker et de son école qui permettent de repenser la décision et le choix en fonction de facteurs autres que de calcul purement économique: c’est en fonction de leurs échelles de valeur que les individus et les familles, comme les groupes et les institutions, opèrent leur choix d’allocation de ressources[2].

Les adorateurs du nombre se plaignent également qu’il soit impossible d’établir une relation de cause à effets dès lors que la culture est en jeu. Il y a trop de facteurs, de variables et d’étages pour mettre tout cela en équation. Quel fouilli! Un positiviste n’y retrouverait pas ses petits. La physics envy fait vraiment de terribles ravages, puisqu’elle interdit de penser ce qui n’est pas modélisable en quelques roides paramètres. Si les météorologistes procédaient ainsi, il y a beau temps qu’on les aurait licenciés. Les astrologues se débrouillent mieux.

Une autre école de pensée, par contre, parle triomphalement de la culture comme pourvoyeuse principale d’identité. C’est la culture groupiste du relativisme culturel, ou du multiculturalisme: Identity politics et politique basée sur les “communautés” ethno-raciales. Citons à ce propos le sociologue américain Orlando Patterson: chez les sociologues et les anthropologues “prévaut aujourd’hui une orthodoxie rigide” qu’il résume: “en tant que système symbolique, la culture doit être interprétée, comprise, discutée, mesurée, respectée et célébrée comme le produit distinctif d’un groupe spécifique, à égalité avec tous les autres produits du même type”. Mais, ironise Patterson, ce joyau ne peut être soupçonné d’avoir le moindre rapport avec le monde réel: c’est une identité pure qui ne meut ni ne motive. C’est un essentialisme pur. Le multiculturalisme proteste furieusement dès que quiconque s’avise de détecter la moindre causalité entre identité ethnique et comportements dans le monde réel.

Puisque toutes les identités sont égales et de même valeur, elles ne sont que l’expression du groupe: que celui-ci soit défini génétiquement ou culturellement, on est de retour dans la problématique de la race et de la Volksgemeinschaft[3].

Il me semble, loin de ces conceptionss de la culture comme notions impossibles, d’approcher cette dernière comme une notion pleinement possible, et de la concevoir comme le système de valeurs d’une société et la structure d’incitation positive et négative qui co-opère avec ce système de valeurs pour relier l’identité individuelle à l’identité de groupe – ce que j’ai ailleurs nommé “l’esprit des nations”[4] - définition provisoire et opérationnelle plus que scholastique et définitive. La culture d’un groupe, d’une nation, etc., sera dans cette optique le système complexe d’incitations positives et négatives, des gratifications et des pénalités, imposées par la société aux comportements et aux décisions, et l’empreinte intériorisée de ce système dans l’esprit des individus. Cette norme sociale est la moyenne (l’attracteur étrange” pour reprendre le terme séduisanbt de la théorie du chaos) autour de laquelle sont distribués les innombrables comportements individuels.

Je renvoie aux travaux anthropologiques et politiques de Ruth Benedict[5], de Chie Nakane[6] et de S.N. Eisenstadt[7] sur le Japon, de Lucian Pye[8], Etienne Balasz[9], Marcel Granet et Simon Leys[10] sur la Chine, de Gustav von Gruenebaum[11] et Raphael Patai[12] sur l’Islam arabe, d’Anatole Leroy-Beaulieu[13], René Fülöp-Miller[14] et James Billington[15] ou Daniel Rancour Lafferrière[16] sur la Russie, de Louis Dumont[17] et de Charles Malamoud[18] sur l’Inde: tous sont enracinés dans des conceptions développées auparavant par Ibn Khaldoun dans la Muqqadina, par Montesquieu dans L’Esprit des Lois, etc.

S’il est donc vrai que le système valeurs-plus-structure d’incitation et de contre-incitation représente la culture d’un groupe, nous pouvons mieux comprendre comment il peut affecter le “développement”, qu’il faut maintenant, à son tour, soumettre au feu de la critique.

2. “Développement”?

La notion ne va pas de soi. Elle est datée, au sens de son estampille d’entrée dans la société des nations, et de son rôle historique. Elle date de la généralisation du besoin de nations extra-européennes, ou extra-atlantiques, de se hausser au même niveau que les nations euro-atlantiques, ne serait-ce que pour assurer leur souveraineté ou leur intégrité. La problématique du “développement” naît ainsi: le Tanzimat ottoman, le règne de Meiji au Japon, le mouvement de 1898 en Chine, la Constitution de 1906 en Iran. A la vérité, Pierre le Grand important en Russie ce qu’il croyait être les moteurs de la puissance occidentale avait inauguré ce processus d’importation des résultats de la puissance européenne.

Mais c’est après la Deuxième Guerre Mondiale que s’imposa vraiment la notion de “développement”. Après tout, les oligarques de Meiji n’avaient demandé à personne d’”aide au développement”, et personne ne leur en aurait d’ailleurs accordé. On invente à cette époque le “tiers monde” (Sauvy) et la soi-disant aide au développement, ce mélange étrange de pots-de-vin à grande échelle versés aux élites qui gouvernent les nouveaux Etats et de sentiment de culpabilité post-colonial, d’encouragements à adhérer à telle ou telle alliance et d’incitations à la dépendance, alors qu’affluent les nouveaux membres dans les travées des Nations-Unies. La diffusion du crédo rooseveltien du New Deal, l’apparent succès de la planification soviétique, les indépendances afro-asiatiques se fondent en un alliage nouveau, celui de l’idéologie développementaliste. Dans tous les cas de figure, c’est à l’Etat que la conception développementaliste confie la tâche de “développer” l’économie. C’est l’heure des “étapes du développement économique” théorisées par Walt Rostow.

Les pratiques, à l’évidence, diffèrent, selon que le pays est démocratique ou dictatorial. Mais la conception est semblable, qu’elle soit socialiste fabienne (le New Deal, le socialisme anglais que propage la London School of Economics après que Kings’ et Trinity l’ont élaboré à Cambridge), ou de “troisième voie” européenne (“planification indicative”), ou soviéto-communiste (Gosplan): c’est une économie de mobilisation, en l’absence, proclamée, souhaitée ou exécutée  d’une “bourgeoisie”, l’Etat doit supplanter le marché.

Le développementalisme excluera donc les marchés et l’autonomie sociale comme facteurs de croissance. Il requiert un Etat fort pour concentrer les ressources fiscales et les réorienter sous forme d’investissements prioritaires: planisme. La plupart du temps, le modèle est “ressourcier”: il incombe à l’Etat de s’approprier la rente (matières premières), ce qui se traduit par de vifs déséquilibres dans l’allocation des ressources, la priorité donnée aux matières premières aboutissant à un accaparement des investissements. Cela se traduit par une répétition de l’”accumulation primitive” soviétique (l’idée fausse de Marx selon laquelle le capitalisme est parti d’un jeu à somme nulle, i.e. de l’expropriation du paysannat, et ne continue que par l’intermédiaire d’un deuxième jeu à somme nulle, l’”exploitation”). Souvent le modèle est substitutionniste (Prebisch). Tout le monde a son plan, quadriennal, quinquennal, septennal. Les échecs sont radicaux, à 4, 5 ou 7 ans. Puissance de la bureaucratie, retards infrastructurels, faiblesse de la croissance. Chine, Inde, “socialisme africain”, “socialisme arabe”[19]. Le modèle est une version réductrice des conceptions de Friedrich List; mais à la différence de l’économiste du Zollverein, c’est un modèle autarcique ou qui aspire à le devenir, et non une protection modulée et temporaire de certains marchés pour donner leur chance à des industries naissantes. L’Etat s’auto-proclame entrepreneur de tout, comme dans la planification indienne - “Plan de Bombay” des grands industriels, Birla, Tata, Thakur Das, Shri Ram, avec rôle paternel dévolu à l’Etat, avec industries nationales et protection contre le capital étranger, “le Professeur” Prasanta Chandra Mahalanobis, qui devint le planificateur de Nehru au nom d’une conception à la fois technocratique et pan-mathématique de la société. Et, finalement, le talon de fer de la régulation centrale.

Tigres et dragons asiatiques tranchent sur ce tableau. La Corée, Taiwan, Singapour, exemplaires parce qu’essentiellement dénuées de matières premières, mais ayant joué le jeu du marché mondial en partant d’économies d’exportation. Le développement passe par la participation au processus de mondialisation. Le déclencheur, sont-ce les “valeurs asiatiques” (équivalent néo-confucéen du protestantisme wébérien)? L’ennui c’est qu’elles avaient été accusées d’avoir causé, ou précipité, ou accompagné, une longue stagnation est-asiatique. Pour l’analyste, leurs déboires ultérieurs – quoique partiels - sont passionnants: c’est ce qui a manqué (les PMI inexistantes en Corée, à la différence du riche tissu taïwanais) ou ce qui a été exagéré (le dirigisme outrancier pratiqué en Corée comme au Japon, qui a fait choisir par l’Etat des conglomérats en folie, investissant dans n’importe quoi puisque le soutien inconditionnel de l’Etat absolvait les chaebol de toute sanction).

On a pu croire, sous l’influence du modèle soviétique et de ses émules, chinois ou autre, que le “développement” était affaire de tonnages de fer et d’acier, de kilomètres de tissus, de kilotonnes de pommes de terre ou de riz, de quantités brutes. Quand bien même les statistiques des plans quinquennaux, au lieu d’être des fictions, auraient été véridiques, le développement n’était pas au rendez-vous. La Russie est un cimetière d’usines mortes. La Chine aussi, où les State-Owned Enterprises sont comme autant de cimetières d’éléphants blancs mécaniques rouillés.

La Chine n’a entamé son “développement” qu’au moment où Deng Xiaoping a intimé au parti l’ordre impératif d’évacuer le domaine agricole: les cadres du parti durent cesser de chevaucher les paysans comme leurs ânes; les paysans, sûrs de pouvoir garder le produit de leur travail, se remirent à travailler.  Puis vint l’ouverture au capital étranger, sous forme d’investissements en capital et en biens d’équipement. Il devint “glorieux” de “s’enrichir”, contribution éminente du Petit Timonnier à la théorie marxiste classique. Mao avait sous-développé la Chine. Le “développement” endogène s’était révélé impossible. Vers la fin des années 80 et le début des années 90, les élites indiennes se mirent à interroger les Singapouriens et autres sur les racines de leurs succès. Quant à la Russie, elle est aujourd’hui encore une économie rentière (matières premières: pétrole et gaz, nickel et diamants, etc.). Ce qui y est développé, ce qui reste  c’est le niveau général d’éducation de la population. Il y a là un môle de modernité réel sur lequel pourrait s’appuyer une politique de croissance.

Et les institutions de la modernité? Justement, elles sont absentes en Russie, et le nouveau pouvoir ne les a pas vraiment mises sur pied. Comment le pourrait-il, lui qui est un nouvel avatar de l’idéologie russe traditionnelle, celle qui veut emprunter à l’Occident ses produits sans accepter ses méthodes?

L’histoire du “développement” occidental est celui de la levée de séries entières d’entraves, d’empêchements, de tabous et d’interdits, dont l’action individuelle et cumulative aggravait et augmentait les coûts transactionnels de l’économie en général. Les péages levés par les propriétaires fonciers féodaux, qui grèvent les coûts de transport des marchandises, par voie terrestre ou par voie fluviale, avant la modernisation capitaliste en sont une métaphore générale. Egalement, la précarité de la propriété privée, toujours soumise à la menace de confiscation arbitraire; la rareté du crédit et des taux d’intérêt élevés; les obstacles bureaucratiques de toutes sortes; la variation arbitraire des conditions fiscales qui frappent entreprises et individus; l’adjudication par l’Etat de monopoles à divers groupes et individus, à l’exclusion des autres; l’entravement d’un marché libre du travail par interdiction d’exercer ou fixation des métiers (Voir les réformes de Justinien à Constantinople, préfiguration de la planification soviétique).

La question devient alors: pourquoi certaines cultures – en levant les obstacles, en abaissant les coûts transactionnels - semblent-elles plus que d’autres favoriser la croissance économique?

3. Culture et développement?

Développement? Entendons-nous: la chose ne va pas du tout de soi.

Le “développement” doit s’incarner en résultats, et non en intentions ou en proclamations. Les entrants n’en sont ni la mesure, ni le contenu.

Pouvons-nous alors nous accorder sur une définition temporaire: la production cumulative, l’acquisition générale et le maintien de la jouissance de biens publics et privés[20]: qui permettent, conditionnent, déterminent

-          longévité humaine, santé générale [et leur élévation]

-          scolarisation généralisée, éducation de haut niveau

-          qualification de la main-d’œuvre et son emploi utile et rémunéré

-          moins de labeur physique, plus de travail intellectuel

-          moins de routine, plus de créativité (Cf. Friedrich Hayek[21])

Ces caractères sont ceux de la modernité. Le développement serait-il synonyme de modernité? Le passage à la modernité est celui de la dés-intégration de la Gemeinschaft et du passage à la Gesellschaft – Ferdinand Tönnies: de la statique de l’organisation sociale à base de groupe (tribal, clanique, familial, ou leurs figures évoluées) à la dynamique de l’organisation sociale à base individuelle[22]. Les élément fondateurs en sont:

1. le travail

 

Pour qu’une croissance économique moderne soit durable, soutenue, elle doit n’être pas fondée sur une rente quelconque, mais sur la créativité du travail humain. Jean Bodin, “il n’est richesse que d’homme”, c’est le travail humain qui est créateur de la richesse. La citation de Bodin est souvent interprétée dans un sens quantitatif qui en restreint la portée, à savoir: la richesse est fondée sur une multitude d’hommes, alors qu’elle peut et doit également être comprise comme: seuls les hommes créent la richesse, qui ne consiste pas en choses (statiques) mais en actions (dynamiques). La mise en valeur du travail comme acte créateur lui est indispensable. D’où la dignité du travail.

 Elle doit être fondée sur un rapport dynamique au marché, intérieur et international, c’est-à-dire connaître et reconnaître les signaux émis par celui-ci par le truchement des prix. Elle a besoin d’une grande fluidité de l’information, à l’horizontale et à la verticale.

L’économie de l’ère agraire (agrarienne) est fondée sur la mise en relation d’un grand nombre d’hommes avec une grande quantité de terres. Travail manuel, musculaire. Arithmétique

L’économie industrielle: grand nombre d’hommes (producteurs et consommateurs) multipliés par les technologies. Travail manuel, musculaire surmultiplié par le travail scientifique-technique incarné dans les machines. Géométrique

L’économie post-moderne: grand nombre d’hommes créateurs. Application directe de l’inventivité scientifique.

Une culture qui dévalorise le travail

-       au profit de la prédation, de la rente, de la chasse, de la rapine,

-       au profit de valeurs spirituelles censément supérieures,

-       au profit de visions téléologiques de l’être social et de l’activité sociale,

-       au profit de la primauté du bureaucrate, du soldat, du rentier, etc.

est une culture par définition, par vocation défavorable au développement: les signaux qu’elle fait parvenir à ses membres leur indiquent l’inanité et l’infériorité constitutives du travail. Mon état de bandit, de dictateur, d’idéologue, de guide spirituel, de bureaucrate, me permet de  confisquer le produit du travail. Le statut, et, en pratique, la rentabilité (sociale, idéologique, en termes de prestige, etc.) du travail est faible, surpassée et de loin par ces autres activités.

Valorisation des biens terrestres et matériels? Pas forcément, voir la thèse de Max Weber sur le rôle du Protestantisme. Voir le cas des Vieux-Croyants de Russie, ou du moins de certains de leurs courants: abstinents en matière d’alcool, ce qui leur donne une formidable supériorité sur leurs voisins rongés par l’alcool (travail,

Laurent Murawiec was a senior fellow with Hudson Institute.


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