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L’Afghanistan et l’avenir de la politique de défense americaine

Kenneth R. Weinstein

J‘étais ce week-end au Brussels Forum, organisé par le German Marshall Fund. Je fus frappé par la continuité et la discontinuité des grandes axes de la politique américaine en ce qui concerne l’Afghanistan.

Vali Nasr, conseiller de Richard Holbrooke, diplomate et envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, a analysé la situation afghane d’une maniere qui n‘était pas sans rappeller celle de George Bush lors de l’invasion de l’Irak. Il a évoqué la nécessité d’accroitre la présence des troupes, afin de créer un cadre propice a la création et au bon fonctionnement des institutions civiles. Sa conclusion est la suivante: en dépit de la complexité du dossier afghan et de la difficulté qu’il y a a instaurer un gouvernement, l’administration ne dispose d’aucune “exit strategy.” L’idée d’un retrait, evoquée par le Président dans son discours a West Point en décembre dernier, est donc inenvisageable.

De meme hier, a Bagram Airfield en Afghanistan, le President sembla répéter des phrases de George Bush lors de son discours aux troupes americaines suite au 11 semptembre. Il affirma que “Nous n’avons pas choisi la guerre. Nous fumes attaques brutalement le 11 septembre. Si la region bascule, si les Talibans reprennent controle du pays et si Al Qaida peut de nouveau agir avec impunite, alors c’est d’autres vies americaines qui sont en jeu. Aussi longtemps que je serai votre commandant en chef, je ferai tout pour que cela n’arrive pas.”

Cette continuité montre que celui qui fut le plus critique de la politique anti-terroriste de George Bush accepte désormais une partie importante de sa politique.


 


Dans le meme temps, il y a une discontinuité tactique concernant la stratégie afghane. Le désir de l’administration et de la communauté internationale de pousser le gouvernement d’Hamid Karzai a negocier avec certains Talibans, dans le but de promouvoir la réconciliation nationale, marque une différence clé avec George Bush.


 


L’idee de négocier avec des élements dit “modérés” des Talibans fut lancée par l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell, juste apres le 11 septembre. Elle fut rejetée par le président, qui y voyait un compromis qui n’etait pas nécéssaire. Ce principe tient toujours. En donnant un statut privilégié a certains Talibans, on risque d’affaiblir les opposants internes de Karzai, surtout chez les Patchounes, qui se sont montrés plus modérés que les Talibans.

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