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Republican presidential nominee Donald Trump pauses during a campaign event September 6, 2016 in Virginia Beach, Virginia. (Alex Wong/Getty Images)
(Alex Wong/Getty Images)

L’Avenir des Relations Transatlantiques avec le Président Trump

Benjamin Haddad

Si l’on regarde les dernières administrations, le vrai décideur est le président. Il ne faut donc pas sous-estimer la centralité du président dans le système américain. Sa vision du monde, ses croyances, ses visions politiques irriguent toute les politiques mises en œuvre.

A ce titre, quel que soit le jugement que l’on porte sur son projet, il est important de prendre Donald Trump au sérieux et de ne pas sous-estimer, ni son talent politique, ni la radicalité idéologique et la constance de sa vision du monde.

À ce titre, cinq éléments me semble essentiels à relever pour évaluer la politique étrangère de Donald Trump:

1- La constance de sa vision du monde.

On retrouve des interviews des années 1990 où Donald Trump déploie déjà sa vision du monde et du rôle des Etats-Unis sur la scène internationale. Ses idées sont déjà là : protectionnisme, isolationnisme, scepticisme sur l’usage de la force et sur les accords de libres échanges. Tous les ingrédients de l’ « America First » de la campagne était déjà présents.

2- Donald Trump est un business man, un négociateur. Il met toujours la barre très haut, pour être sûr d’obtenir quelque chose.

3- La tradition politique dans laquelle s’inscrit Donald Trump est la tradition jacksonienne : le peuple contre les élites, l’unilatéralisme et le réalisme poussés à l’extrême.

4- Bien que le discours et le style soient différents, il existe une forme de continuité avec l’administration Obama : Obama parlait déjà d’abandon de l’exceptionnalisme américain et de normalisation de la puissance américaine. Avec Trump, on assiste à une normalisation plus poussée certes, mais qui était déjà en germe sous Obama.

5- Pour l’instant, Donald Trump a composé ses équipes en puisant dans le vivier des Républicains traditionnels, compatibles avec l’establishment. Certes il est encore trop tôt pour dire comment ils encadreront Trump, mais cela reste un fait à souligner.

Concernant plus particulièrement l’Europe, il faut contextualiser les déclarations de Donald Trump, et distinguer ce qui relève de la provocation.

Oui, Trump a qualifié l’OTAN d’ « obsolète » pendant sa campagne, mais le Général Mattis a rapidement rappelé l’engagement robuste des Etats-Unis, notamment sur l’article 5 (selon lequel une attaque armée survenant en Europe ou en Amérique du Nord, sera considérée comme une attaque dirigée contre tous).

Oui, Donald Trump est un sceptique sur le sujet de l’Union européenne : il s’est réjoui du Brexit, prévoyant que d’autres pays suivront l’exemple du Royaume-Uni… Mais il parle davantage comme un commentateur et un analyste, de là à l’imaginer entreprendre une une politique proactive anti-européenne, rien ne le laisse penser pour le moment.

La question russe reste quant à elle la grande inconnue… Trump développe une quasi fascination pour les hommes forts et entretient la volonté de s’entendre avec Poutine. Il ne sera pas le premier à vouloir relancer cette relation, mais peut-être sous-estime-t-il les différences de fond qui perdurent entre les deux puissances ?

En Europe, Donald Trump provoque parfois des réactions de quasi-hystérie. On a peut-être une vision trop caricaturale. Certes, on peut regretter la direction que prend les Etats-Unis, l’érosion de notre relation bilatérale… mais ne faut pas t il y voir également une opportunité pour nous, Européens, de prendre en charge notre propre destin ?

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