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"Ce que fait Obama en Irak est inouï!"

Kenneth R. Weinstein

INTERVIEW – Kenneth Weinstein, président du think tank néo-conservateur Hudson Institute, critique “les solutions rapides” voulues par Barack Obama sur l’Irak. Et dénonce son rapprochement avec l’Iran.

L’envoi par le président Obama de 300 conseillers militaires pour aider le gouvernement irakien à contenir la progression de l’EIIL semble être un compromis entre inaction et réengagement…
On a vu la même chose en Syrie, en Crimée… Barack Obama cherche à réduire l’empreinte de l’Amérique sur la marche de l’Histoire. Il prend ses distances avec le monde. Lors de son premier mandat, c‘était masqué par le fait que Robert Gates était secrétaire à la Défense [le même que sous George Bush]. Aujourd’hui, le président gère ces dossiers chauds plus personnellement, avec peu de conseillers et très peu de débats. Son obsession de diminuer la puissance américaine crée toutes sortes de problèmes. Il est en partie responsable de l’actuel désordre en Irak en ayant choisi de faire totalement confiance au Premier ministre Nouri Al-Maliki et de lui laisser toutes les cartes, contrairement à l’avis de la plupart des stratèges de l’armée américaine.

Les Iraniens semblent conditionner une aide en Irak à une décrispation sur la négociation nucléaire…
Mais Obama cherche déjà à tout prix un accord nucléaire avec l’Iran! Cela conditionne presque exclusivement sa politique dans la région. Prenez la Syrie : une des raisons principales de la non-intervention était de pouvoir continuer les négociations sur le nucléaire iranien. Et là, il cherche à obtenir une espèce d’accord avec eux sur l’avenir de l’Irak. C’est tout à fait inouï. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt américain – ni dans l’intérêt occidental – de renforcer l’Iran, déjà assez influent dans la région via la Syrie et le Hezbollah libanais.

Mais l’Iran et l’Amérique ont tout de même un ennemi commun, l’EIIL?
Oui pour l’instant… Le problème, c’est que l’administration est myope et réagit à chaud ; l’Iran, lui, garde une longue vue. Obama cherche des solutions rapides à tout prix. Comme on l’a vu en Syrie avec l’accord sur l‘élimination de l’arsenal d’armes chimiques du gouvernement Assad. Ce bout de papier donne à Bachar une crédibilité politique, sans pour autant faire avancer quoi que ce soit sur le terrain.

Finalement, regrettez-vous l’invasion américaine de l’Irak par George Bush?
Des erreurs ont été commises, certes. Mais je regrette surtout la manière dont Obama a mis fin à la présence américaine en Irak. En 2009, ce pays était en bien meilleur état qu’aujourd’hui. Nous récoltons aujourd’hui les résultats de ce retrait anticipé.

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